L’hiver, les chaussettes et Georges Clooney

18 11 2009

 

C’est bientôt l’hiver. Il fait froid. Les feuilles des arbres tapissent les trottoirs parisiens. C’est casse-gueule. Il faut ressortir les gants. Remettre le chauffage en route. Prendre l’habitude qu’il fasse nuit à 17 heures. Mourir de froid en sortant de la douche de 5 minutes chrono le matin. Beuh.

C’est bientôt l’hiver. Les vitrines de Noël sont installées. Les illuminations bientôt allumées. Le père Noël prépare les cadeaux. Les rennes prennent des forces avant leur course folle. Les enfant dépêchez-vous, il vous reste peu de temps pour envoyer vos lettres !

C’est bientôt l’hiver. L’épidémie de grippe cochonne s’accélère. Bachelot nous dit qu’y aura pleins de morts si on se fait pas vacciner. Fous-le toi où je pense ton vaccin. Il faut que je m’achète des grandes chaussettes. Il faut que je m’achète un bonnet pas trop moche aussi. Même si j’ai pas une tête à bonnet. Vaut-il mieux avoir froid ou avoir un moche bonnet ? J’irai voir chez H&M demain.

C’est bientôt l’hiver. L’été est fini. Rome est bien loin. L’Italie me manque. Mes colocs me manquent. L’ottavo piano me manque. Roberta, Federica, Alessandro, Maurizio, Marco, Francesco, Chiara me manquent. Y’en a un autre je sais pas s’il me manque.  La bibliothèque Angelica me manque. Ma vie romaine me manque. Ma vie sans mes emmerdes (enfin, avec bien moins d’emmerdes) me manque. Beuh.

C’est bientôt l’hiver. J’ai envie de soleil. J’ai envie d’été. Oui je sais ça va pas être pour tout de suite. J’ai envie de partir, de voyager, de fuir ? Oui, de fuir. Je sais, ça ne sert à rien de fuir. Mais à quoi sert de rester ? Alors franchement, plutôt que de rester parmi les parigots têtes de veau autant aller ailleurs.

C’est bientôt l’hiver. J’ai mangé ma dernière glace de la saison ce week-end. Chez Bertillon. Les meilleures de Paris. Praliné-pignons. Miam. Maintenant place aux chocolats chauds et soupes aux légumes. Place aux longues soirées d’hiver au coin du feu. J’ai pas de cheminée. Alors au coin de mon spot cassé qui se casse la gueule si je tire trop sur le fil, et qui a brûlé la patte de mon pauvre lapin en peluche. Carbonisée la patte. Je me disais bien que ça sentait le cramé. J’aurai pu finir pareil. C’est de la faute de mon père ça. C’est lui qu’a cassé mon spot. Il a peur que je me tue en voiture mais que je meurs carbonisée ça l’inquiète pas. Je t’en veux pas papa. Enfin, si tu me prêtes 1000 euros pour aller à Cuzco je t’en voudrais pas. Oui, je te rembourserai.

 

C’est bientôt l’hiver. Bientôt le nouvel an. Bientôt les “Bonne année” et bla bla bla, et bli bli bli. Je m’en fous qu’on me souhaite une bonne année, surtout que la plupart du temps on le pense pas vraiment. Franchement, c’est pas vrai? Tout ce que je veux c’est que l’année 2010 soit meilleure que celle-ci. Ce sera pas trop difficile.

C’est bientôt l’hiver. L’hiver ça me déprime et ça me fait râler encore plus. Si vous voulez que j’arrête de râler envoyez-moi au soleil. Avec Georges Clooney et du chocolat noir.

 

Et oui, c’est bientôt l’hiver.

 

Et sinon, vous, l’hiver, vous aimez ça ?





Nan mais c’est pas toi, c’est moi…

29 10 2009

Non décidément je ne comprends pas. Je ne comprends rien. On dit que ce sont les filles qui sont compliquées, mais alors vous les mecs, c’est quelque chose !! Je ne vous comprends pas.

 

Mais de quoi tu parles Lucie ??

 

De quoi je parle ? Voilà de quoi je parle.

 

Je parle de cette angoisse que vous les mecs vous avez, dès que vous restez avec une fille plus de 2 jours. Cette angoisse qui vous fait fuir : la peur de vous “engager”.

Alors les excuses sont plus ou moins toujours les mêmes, je suis pas prêt, faut que je réfléchisse à ce que je veux vraiment, j’ai besoin d’être seul, je veux pas te faire croire de fausses choses, et gna gna gni, et gna gna gna…

Mais tu sais c’est pas de ta faute, t’es une fille bien, c’est chez moi que ça cloche…

Et gna gna gna, et gna gna gni…

 

Mais MERDE alors !!!

BASTA !!!

basta-mafalda

Pourquoi est ce qu’il faut que dès que vous êtes avec quelqu’un vous vous sentiez enchaînés, privés de liberté ??? Pourquoi croyez-vous que toutes les nanas veulent se marier au bout d’une semaine !!!

Mais faites vous soigner bordel !!!

Non je ne veux pas me marier, non je ne veux pas habiter avec toi, non je ne veux pas de projets d’avenir, non je ne veux pas de gosses maintenant, non je ne veux pas rencontrer ton père, encore moins ta mère, non je ne veux pas te voir tous les jours, non je ne veux pas passer tout mon temps libre avec toi, non je n’ai pas de prison dans mon studio, et non je ne veux pas t’y séquestrer !!!!!!!!!!!!

Non non je ne comprends pas.

Et pourquoi vous croyez toujours qu’on veut s’engager ?? D’abord c’est quoi s’engager ??? S’engager à être fidèle, d’accord. Mais s’engager à autre chose, à être amoureux, à rester ensemble toute la vie, je ne le demande pas ça !!! Et puis ce n’est tout simplement pas possible de promettre ça.

 

Alors sérieux faites quelque chose, y’en a marre là.

 

La prochaine fois que je rencontre un mec, je lui demande : “T’as peur de t’engager ?” (Oui je sais ça le fera fuir, mais comme il l’aurait fait peu après, ça m’évitera de perdre mon temps). ;)

 

Nota bene : si vous êtes un homme ne prenez pas tout ça pour vous, non je ne suis pas anti-homme, c’est juste que je suis tombée sur le genre de spécimen décrit plus haut trop de fois. Si vous êtes une femme, vous serez d’accord avec moi, non ?





Les vrais français mangent des cuisses de grenouille

29 10 2009

Notre cher ministre de notre cher ministère à nom à rallonge et qui ne veut rien dire, le Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, veut lancer un “grand débat” sur “l‘Identité Nationale“. Ok.

Identité Nationale“. Moi y’a un truc qui me gêne là dedans. A l’heure où on vit dans un société de mondialisation, globalisation, individualisme et tutti quanti, parler d’une “Identité Nationale” n’est-ce pas un peu illusoire ? N’est-ce pas se renfermer et refuser les évolutions mondiales ? Et surtout, n’est-ce pas un peu fasciste ? Je pose la question, je ne veux pas exagérer les choses, ni dramatiser les évènements. Je ne veux pas être parano. Mais je trouve ça dangereux.

Se définit-on par sa nation d’origine ? Quand on est dans un pays étranger, peut-être. A Rome, quand on me demandait d’où je venais, je disais de France. Ou plutôt de Paris. Parce que Paris ce n’est pas vraiment la France. Est-ce qu’un parisien et un habitant du fin fond de la Nièvre ont la même “identité” ? Je ne crois pas. Enfin là c’est un autre débat.

 

Vous définissez-vous comme ayant une “Identité Française” ? Moi non. Je dis que je suis française parce que je parle français. C’est tout. Mais franchement, qu’est-ce qui nous définit d’autre, nous, français, à “l’Identité Française” ? On est râleurs, on est désobéissants, on est jamais contents. On fait grève tout le temps, on refuse le changement. Est-ce que ça ce ne serait pas plutôt des préjugés, des idées toutes faites ? Ou une culture, issue de notre histoire ? Parce qu’à ce moment-là, un français mange aussi des cuisses de grenouille. Et qui d’entre-nous mange des cuisses de grenouille, je vous le demande ??

Malgré le fait d’avoir grandi en France et que le français soit ma langue maternelle, durant ces 3 mois à Rome, je ne me suis sentie française que parce qu’on me demandait d’où je venais, parce que les autres me faisaient sentir que je n’étais pas “comme eux”. Que j’étais différente. Que j’avais un accent différent du leur. Et encore, souvent on m’a pris pour une italienne. A la bibliothèque Angelica, j’étais la “Francesina”, la petite française, ou la “Parigina”, la parisienne. Avec mes colocs, je n’étais pas “la française”. J’étais la petite jeune, j’étais Lucie, j’étais “Fifi”, surnom donné par Federica, puis adopté par les autres. J’étais française quand mes colocs tentaient de me parler en français, c’est-à-dire rarement. Mais le reste du temps je ne me suis pas sentie française. Je me suis sentie italienne. Ou plutôt romaine.

Peut-être suis-je trop méfiante. Peut-être suis-je un peu parano. Mais définir une “Identité Nationale“, dans la société dans laquelle on vit, moi franchement je trouve ça dangereux. Surtout parce qu’on définirait “notre Identité” à l’opposé de celle des “autres”, des “non-français”. Et tous ceux-là, on n’en veut pas. On les renvoie dans un pays en guerre. On les traite comme des chiens en les entassant dans des camps. Je croyais que les camps de concentration avaient été détruits après la guerre. On prend que les meilleurs d’entre-eux, les plus diplômés, et les autres on les vire, on les renvoie “chez eux”, bien qu’ils soient depuis une dizaine d’années en France, qu’ils soient parfaitement intégrés, et qu’ils profitent moins du système que certains d’entre-nous “vrais” français, à “l’Identité Nationale” franco-française.

Entre “l’Identité Nationale” française, “la France tu l’aimes ou tu la quittes“, et “la France aux Français“, combien de pas y-a t’il ?

C’est facile de se trouver des têtes de turc quand tout va mal. C’est facile de trouver des gens sur qui se venger, à rendre coupables de tous les maux. C’est ça “l’Identité Nationale” ?? Dire que c’est de la faute de l’autre ?? Que l’autre est dangereux ?? Qu’il me pique ce qui me revient de droit ?? Qu’il suffit de le renvoyer “chez lui” pour que tout s’arrange ??

Alors moi, je n’en veux pas de cette “Identité Nationale” là. Je n’en veux pas de cette France-là. J’en ai honte de cette France-là. Je ne l’aime pas cette France-là.

Faut-il que je la quitte alors ?





Le dernier né est arrivé !

25 10 2009

Voici mon nouveau blog, la suite du premier, La mia vita a Roma, initié lors de ma courte période de vie à Rome. Ne voulant pas abandonner le blogging, j’ai décidé, et cela pour votre plus grande joie, de continuer !

Voici donc le dernier-né, qui aura pour vocation de recueillir un peu tout ce qui me passe par la tête, enfin plutôt tout ce qui me paraît digne d’être partagé.

Pour l’essentiel il s’agira de coups de gueule sur des sujets plus ou moins d’actualité. Cela m’évitera de m’énerver toute seule dans mon coin, ou de râler auprès de mes pauvres compagnons d’école.

Allez, c’est parti !